Pension alimentaire : montant, calcul, révision et recours en cas d’impayé

Lors d’une séparation, la pension alimentaire est l’une des premières questions concrètes qui se pose, que vous soyez celui qui la verse ou celui qui la reçoit. Comment est-elle calculée ? Jusqu’à quand faut-il la payer ? Que faire en cas d’impayé ? Voici les réponses essentielles.

La pension alimentaire découle d’une obligation posée par l’article 371-2 du code civil :

« Chacun des parents contribue à l’entretien et à l’éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l’autre parent, ainsi que des besoins de l’enfant ».

Ainsi trois critères se dégagent :

– les ressources et charges du parent qui verse (le débiteur),

– les ressources et charges du parent qui reçoit (le créancier),

– les besoins de l’enfant.

La pension alimentaire couvre les besoins courants de l’enfant, tels que l’alimentation, le logement, les frais de scolarité, les frais d’habillage mais également les dépenses exceptionnelles comme les activités extrascolaires ou encore le forfait téléphonique.

Le ministère de la Justice met à disposition un simulateur en ligne qui donne une première estimation.

Attention toutefois à ses limites : cet outil ne prend en compte que les ressources du parent débiteur et le mode de garde. Il ignore les charges de chacun et les besoins réels de l’enfant — pourtant deux des trois critères légaux. L’estimation obtenue n’est donc qu’indicative et peut s’éloigner sensiblement du montant finalement retenu par le juge ou négocié entre les parties. Pour une évaluation fiable et adaptée à votre situation, un accompagnement reste indispensable.

Mon enfant est majeur, puis-je arrêter de verser la pension ?

La majorité de l’enfant ne met pas fin de plein droit à la pension alimentaire. Celle-ci continue de se poursuivre jusqu’à l’autonomie financière de l’enfant. Par conséquent, vous êtes redevables d’une pension alimentaire pendant ses études supérieures et jusqu’à ce qu’il dispose de revenus réguliers.

L’indépendance et l’autonomie de l’enfant reposent sur une évaluation concrète de sa situation et doit tenir compte de sa capacité effective à subvenir à ses besoins essentiels (logement, alimentation, soin, etc.).

Point important : c’est au parent qui souhaite cesser de payer d’apporter la preuve de cette autonomie. Tant qu’elle n’est pas établie, l’obligation demeure.


Mon enfant ne veut plus me voir, dois-je continuer à payer ?

Oui. Le paiement de la pension alimentaire est totalement indépendant de l’exercice de votre droit de visite et d’hébergement, comme de la qualité de votre relation avec votre enfant. Un obstacle au droit de visite ne vous autorise pas à suspendre les versements.


Mon ex et moi sommes d’accord pour arrêter : suis-je délié de mon obligation ?

Non. Un simple accord verbal ou écrit entre vous ne suffit pas. Pour être juridiquement protégé, votre accord doit être homologué par le Juge aux affaires familiales. À défaut, vous restez exposé à un recouvrement si les relations venaient à se tendre.


Mes revenus ont baissé : puis-je faire réviser la pension ?

Oui. Vous pouvez demander la révision du montant de la pension alimentaire voir sa suppression devant le Juge aux Affaires Familiales à condition de justifier d’un élément nouveau. Il peut s’agir d’un changement de votre situation financière (perte d’emploi, retraite, changement de poste, situation d’impécuniosité) ou dans celle de l’enfant (obtention d’un emploi stable).


Comment réagir si l’autre parent ne paie pas ?

Vous pouvez saisir l’ARIPA, qui recouvre gratuitement les sommes dues (jusqu’à 24 mois d’arriérés) et peut verser une allocation de soutien familial en avance. D’autres voies existent selon votre situation.

Depuis le 1er janvier 2021, le service public des pensions alimentaires est ouvert aux parents séparés qui souhaitent s’en saisir. 

Ce mécanisme est un intermédiaire qui se charge de reverser la pension alimentaire payée par le parent débiteur au parent créancier.

En cas d’impayé, l’ARIPA peut recouvrer les sommes auprès du parent débiteur afin de les reverser au parent créancier, dans la limite de 24 mois arriérés. Cette procédure a l’avantage d’être gratuite pour le parent créancier.

L’ARIPA peut également, en cas d’impayé, verser l’allocation de soutien familial (ASF), à titre d’avance. Son montant est de 200,78 € par mois2 et par enfant. Pour en bénéficier, il faut :

– Résider en France,

– Vivre seul.e,

– Avoir au moins un enfant à charge pour lequel le parent débiteur ne verse plus la pension alimentaire depuis au moins un mois ou verse un montant inférieur au montant de l’ASF.

Les époux peuvent s’opposer, d’un commun accord, à l’intervention de l’ARIPA. Exception : en cas de violences intrafamiliales, le recours à l’ARIPA est obligatoire.

La pension alimentaire obéit à des règles précises qui surprennent souvent : elle ne s’arrête pas à la majorité, elle reste due même en cas de conflit avec l’enfant, et un accord entre parents n’a de valeur que s’il est homologué. Chaque situation — fixation, révision, impayé — repose sur des critères concrets et sur la preuve, où une erreur peut coûter cher.

Une question sur le montant, la révision ou le recouvrement de votre pension alimentaire ? Je vous accompagne, que vous soyez le parent qui verse ou celui qui reçoit, pour défendre vos intérêts et ceux de votre enfant.



Cet article a une vocation informative générale et ne constitue pas une consultation juridique. Chaque situation étant particulière, seul l’examen de votre dossier permet de vous conseiller utilement.

  1. Agence de recouvrement des impayés de pensions alimentaires (ARIPA), service public géré par la CAF et la MSA. https://www.pension-alimentaire.caf.fr ↩︎
  2. « Allocation de soutien familial (ASF) : parents séparés », Service-public.fr (Direction de l’information légale et administrative), vérifié le 1er avril 2026 — montant de 200,78 € par mois et par enfant du 1er avril 2026 au 31 mars 2027 ; voir aussi le barème CAF. https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F815 ↩︎